
Ascension de l'Angliru à vélo : Profil, rampes et temps réels
Il existe deux types de cyclistes qui montent l'Angliru. Ceux qui ont regardé le profil et ceux qui ne l'ont pas fait.
Les seconds partent de La Vega contents. Les six premiers kilomètres sont aimables, vraiment : un sept, un huit, un quatre. On monte en discutant. Et puis arrive El Aviru, la route passe à treize pour cent et ne redescend plus jusqu'en haut.
Ceci n'est pas un article pour vous convaincre de le monter. C'est pour que vous sachiez exactement ce qui vous attend.
Les chiffres
Depuis La Vega, qui est le point de départ de référence, l'Angliru, c'est 12,5 kilomètres avec 1 266 mètres de dénivelé positif cumulé. Une pente moyenne de 10,1 %, une maximale de 23,5 %, et un sommet à 1 573 mètres.
La pente moyenne ment, et ici, elle ment plus qu'ailleurs. Un dix pour cent de moyenne semble dur mais abordable. Le problème, c'est la façon dont il est réparti.

Le profil, kilomètre par kilomètre
Voici le tableau que vous devriez regarder avant d'y aller. Il s'agit de la pente moyenne de chaque kilomètre :
| Km | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| % | 7 | 8 | 4 | 9 | 10 | 6 | 13 | 17 | 13 | 21 | 19 | 13 | 10 |
Regardez les six premiers : 7, 8, 4, 9, 10, 6. Une moyenne de sept et demi. C'est un col normal, comme ceux qu'on a l'habitude de voir, et il y a d'ailleurs des gens qui descendent ici pour prendre un verre en pensant que l'Angliru est surcoté.
Maintenant, regardez du septième au onzième : 13, 17, 13, 21, 19. Cinq kilomètres d'affilée au-dessus de treize, dont deux au-dessus de dix-neuf. À l'intérieur se trouve la Cueña les Cabres, à 23,5 %, qui arrive au kilomètre dix.
Et c'est ce détail qui en fait ce qu'il est : la rampe la plus dure arrive alors que vous pédalez déjà depuis une heure. Elle ne vous prend pas frais. Elle vous prend avec le réservoir vide, sur une route qui ne vous a pas donné de répit depuis vingt minutes et où il n'y a nulle part où se cacher.
Les deux derniers kilomètres, treize et dix, sont presque un soulagement. Presque.
Le braquet : c'est ici que les voyages se gâchent
Si vous ne devez retenir qu'une chose de cet article, que ce soit celle-ci.
Le minimum recommandé est 34x36. Et "recommandé" signifie que vous souffrirez tout autant, mais que vous pourrez continuer à pédaler. Si vous pouvez monter un plateau de 32 ou de 30, faites-le. Il n'y a pas de prix à gagner en montant coincé.
Dans une rampe à 21 % avec un développement trop long, vous tombez à quarante tours par minute, là où les genoux commencent à protester et où un arrêt signifie que vous ne repartirez plus. Car c'est l'autre chose que personne ne vous dit : dans la Cueña les Cabres, si vous vous arrêtez, vous ne redémarrez pas. La pente ne vous le permet pas. Soit vous descendez à pied, soit quelqu'un vous pousse.
Vous verrez des gens en discuter sur des forums, avec beaucoup de fierté. Ignorez-les. Les professionnels qui ont gagné là-haut utilisent des développements qu'il y a quinze ans on aurait considérés comme une honte.

Combien de temps cela va-t-il vous prendre
Temps de montée du col uniquement, sans compter la vallée d'approche, là où presque tous les tableaux que vous trouvez par ici trichent :
| Cyclotouriste | 2h05 |
| Amateur en forme | 1h35 |
| Rythme de compétition | 1h03 |
| Professionnel | ~43 min |
Le record est de 41:55, détenu par Roberto Heras. Quand vous regarderez ça, rappelez-vous qu'il s'agit de douze kilomètres et demi à dix pour cent de moyenne. À ce rythme-là.
Si vous êtes un amateur qui roule régulièrement, visez cette heure et demie et ne vous énervez pas si cela monte à une heure quarante-cinq. La première fois, on monte l'Angliru pour le finir, pas pour le chronométrer.
Par où commencer, et la vraie version
Le départ officiel est à La Vega, à Riosa. Vous arrivez, vous vous garez, vous montez. C'est la façon propre de le faire et c'est très bien comme ça.
Mais si vous voulez la vraie expérience, celle d'une étape, montez El Cordal avant. C'est ce que fait La Vuelta et c'est ce qui change complètement le col : vous arrivez à La Vega avec 505 mètres de dénivelé déjà dans les jambes, et à partir du septième kilomètre, vous comprenez pourquoi les professionnels font cette tête-là.
La version complète, le grand jour d'un voyage aux Asturies, c'est le combo Naranco pour s'échauffer, El Cordal, La Cobertoria et le final à l'Angliru. Quatre-vingt-douze kilomètres et deux mille neuf cents mètres de dénivelé au départ d'Oviedo. Nous appelons cela la Triple Couronne.
Le col de La Vuelta
L'Angliru est entré dans La Vuelta en 1999 et depuis, il a été l'arrivée d'une étape neuf fois, la dernière en 2023. Aucun autre col espagnol n'a généré autant d'images de cyclistes faisant des zigzags sur une route de montagne.
Sur notre échelle de difficulté interne, qui combine pente et longueur, l'Angliru affiche un score de 128. Le Naranco, pour vous situer, affiche 23. Et il existe un col asturien qui le dépasse : le Gamoniteiru, avec 142, plus long et à plus haute altitude, que personne ne connaît vraiment en dehors de la région.
Ce qui n'apparaît pas dans les données
Nous vivons à vingt minutes de là, alors voici ce que nous disons à ceux qui viennent à la boutique pour demander.
Le brouillard. En haut, il peut faire quinze degrés de moins que dans la vallée, et il peut y avoir un brouillard épais alors qu'il fait soleil à Oviedo. Montez avec de quoi vous couvrir même si vous partez en manches courtes et qu'il fait trente degrés en bas. Vous en aurez besoin pour la descente, pas pour la montée.
La descente. Beaucoup de gens la trouvent plus pénible que la montée, et avec raison. Ce sont les mêmes rampes à vingt pour cent mais dans le sens opposé, avec une route étroite, un revêtement irrégulier et humide une bonne partie de l'année. Freinez avant les virages, jamais dedans, et attendez-vous à ce que quelqu'un monte sur votre voie.
Le ravitaillement. Il n'y a rien entre La Vega et le sommet. Rien. Partez avec tout ce dont vous aurez besoin.
Le mois. De juin à septembre, c'est la période sûre. En avril et mai, il peut être magnifique ou impraticable en haut. En hiver, n'essayez même pas.
Est-ce que ça vaut le coup ?
C'est la mauvaise question.
L'Angliru n'est pas le plus beau col des Asturies, ni celui où l'on roule le mieux, ni celui que vous voudrez refaire chaque année. Pour cela, il y a La Farrapona, La Cubilla ou San Isidro, qui sont plus longs, plus abordables et qui passent par des endroits à couper le souffle.
L'Angliru, on le monte une fois pour savoir qu'on en est capable. Et puis on le monte une autre fois, des années plus tard, pour vérifier qu'on l'est toujours.
C'est ça la raison, et c'est suffisant.
Les neuf autres. L'Angliru est le premier des dix cols mythiques des Asturies que nous avons rassemblés dans un guide de dix-sept pages : profils kilomètre par kilomètre, temps par niveau, six itinéraires qui les enchaînent et tout ce qu'il faut savoir sur chaque route. C'est gratuit.
Télécharger le guide des cols des Asturies
Questions fréquentes
Quelle est la longueur de l'Angliru et quelle est sa pente ?
12,5 kilomètres depuis La Vega, avec 1 266 mètres de dénivelé positif cumulé, une pente moyenne de 10,1 % et une maximale de 23,5 % à la Cueña les Cabres. Le sommet est à 1 573 mètres.
Quel développement faut-il pour monter l'Angliru ?
34x36 au minimum. Si vous pouvez monter un plateau de 32 ou 30, c'est mieux. Avec un développement plus long, vous resterez en dessous des quarante tours par minute dans les rampes à 21 %, et si vous vous arrêtez là, vous ne repartirez pas car la pente ne vous le permet pas.
Combien de temps faut-il pour monter l'Angliru ?
Entre 2h05 pour un cyclotouriste et 1h35 pour un amateur en forme, en comptant uniquement le col. À rythme de compétition, un peu plus d'une heure. Le record est de 41:55 par Roberto Heras.
Où commence l'Angliru ?
À La Vega, commune de Riosa. Pour l'expérience complète d'étape, il convient de monter El Cordal avant, ce qui est le cas sur La Vuelta et ce qui change complètement la sensation à partir du septième kilomètre.
Quel est le tronçon le plus dur ?
Du kilomètre 7 au 11, avec des moyennes de 13, 17, 13, 21 et 19 %. À l'intérieur de ce tronçon se trouve la Cueña les Cabres, la rampe de 23,5 %, qui arrive au kilomètre 10 après une heure d'ascension.
L'Angliru est-il le col le plus dur des Asturies ?
C'est le plus célèbre, mais pas le plus dur. Le Gamoniteiru, à Quirós, fait 15,1 kilomètres à 9,7 % et monte à 1 772 mètres. Sur notre échelle de difficulté, l'Angliru affiche 128 et le Gamoniteiru 142.





















































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